La révolution des bots

2017, c’est l’année du bot, isn’t it ?!

Comme à notre habitude, nous autres, français, avons précisé le terme en traduisant par « agents conversationnels ». Nous reviendrons sur ce point par le suite.

Le fer de lance des bots (à grande échelle, pour le Grand Public) c’est bien sûr Facebook. La dernière F8 de Mark Zuckerberg, qui a eu lieu en avril 2016, a clairement insisté dessus :

Automated programs that help users communicate with businesses

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🔗 Premiers pas

🔗 Définition simple

Si on reprenait la citation faite plus haut, cela donnerait :

Programmes automatiques facilitant la communication entre les clients et les services

donc l’exemple typique serait un service de support.

🔗 Robot vs bot vs droid vs android vs bots net

Lorsque l’on parle de « bot » on pense immédiatement à « robot ». La différence entre les deux est une différence de degré pas de nature. Ainsi on ne parlera pas d’intelligence artificielle pour un bot, c’est beaucoup trop sophistiqué comme terme pour désigner le tâches automatiques qu’il accomplit.

Maintenant à la base, la première vocation du robot était d’économiser le temps et l’énergie de l’Homme ainsi que de réduire ses risques de blessures voire pire dans certains travaux.

La pop culture, notamment le cinéma, à travers la saga Star Wars, a introduit le terme de « droids » qui n’a pas de sens en soi, c’est de la pure SF (science fiction). Idem pour « Android » mais la nuance étant que ces robots-là se rapprochent grandement de l’Homme et peuvent même être constitués de chaire et de sang, du moins en partie.

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On ne parlera pas non plus de « bot net » qui servent aux attaques DDos, tout comme on ne parlera pas des programmes servant à faire du scrapping.

En résumé, ici on s’intéresse à des programmes plus ou moins évolués qui vont envoyer des réponses automatiques ou déclencher des services sur la base de commandes simplifiées ou même directement au son de la voix et aussi avec certains mots-clés répérés par le bot dans du texte entré par l’utilisateur. C’est maintenant un usage bien ancré pour Messenger (l’appli FB), skype de Microsoft ou encore Twitter.

🔗 La prochaine vague ?

C’est presque banal en matière d’IT mais encore faut-il pouvoir la surfer quand elle arrive, privilège réservé à une très très faible minorité. Les bots s’annoncent malgré tout comme un marché très porteur. Je me rappelle les sarcasmes et la tonne d’articles à charges lors du rachat d’Instagram par FB, décrit par tous les « experts » comme le deal le plus #wtf (« what the fuck », autrement dit nawac, ridicule) du siècle et qui avec le recul de 2016 s’avère un coup de génie monumental !

Les plus grandes organisations parmi lesquelles CNN, Wall Street, ont fait développer leurs bots et AMHA un des intérêts majeurs de l’affaire étant de mieux capter l’attention de l’internaute, si volatile sur le web, en proposant des services pertinents directement dans l’application au lieu d’avoir à lancer une recherche annexe dans Google et plus généralement de naviguer sur le web.

Cela peut faire sourire et je ne saurais vous dire si cela va se produire à coup sûr mais les bots pourraient bien révolutionner les internets tel que nous les connaissons voire carrément remplacer les navigateurs et les sites web. Quel besoin en effet de naviguer sur tel ou tel site ou d’utiliser 50 applis différentes si tout est déjà interconnecté et dispo dans Messenger ?

Certains parlent déjà de « bot-stores » à la manière de l’ « App Store » d’Apple sauf qu’il s’agirait d’acheter des bots et non plus des applis. Sachez qu’il existe en tout cas une bots list !

🔗 Concept et exemples

🔗 Le concept n’est pas nouveau

Le concept de « bots » a été raffiné ici par les industriels pour des raisons commerciales et financières mais la programmation ne date pas d’hier évidemment. Par exemple, pour créer un bot Twitter, on a pas attendu avril 2016 et la conférence de Marco ^^. En se basant sur le texte des tweets récupéré avec une requêtes dans les APIs de Twitter, on peut déjà nativement provoquer des interactions automatiques type follow/unfollow, fav/like, retweets, reply à tel point que des business entiers se sont construits dessus qu’il s’agisse d’applis ou de services.

🔗 Les chat bots

Dans la traduction française on retrouve la notion de « conversationnel », c’est exactement le crédo des chat bots. Ils peuvent répondre à des questions et interagir à la manière d’un humain sur une chat room par exemple en « kickant » automatiquement (excluant) un membre du chat pour insulte.

Dans l’univers des chat bots on a parfois de belles surprises, hashtag #fun :

  • Ghostbot by burner repère les personnes qui vous « textotent » trop souvent et leur met des stops à votre place automatiquement
  • Shine text ou le bot qui booste la confiance en soi. Au programme donc développement personnel sur fond de GIF et morale à la con à la #pblv smile
  • WTF is that le bot qui t’apprend la vie, tu lui envoies une image il te dit ce que c’est ! star star star

Pour le moment les interactions restent donc limitées mais c’est déjà un grand pas de franchi, assimilé à de la science-fiction il y a encore quelques années.

🔗 L’exemple à la française

C’est la SNCF qui a innové sur ce point, plus exactement Voyages-sncf.com qui a offert aux utilisateurs de Messenger by FB de recevoir leurs informations de trajet sur l’application et de converser directement avec le service client.

L’intérêt pour la SNCF c’est de mieux capter ses usagers qui seront plus réactifs sur FB que par emails et au passage de faire du pote et des likes avec eux en les ajoutant comme « amis ». Cela a sens assez fort aussi parce que les usagers de la SNCF font en majorité leurs transactions depuis leurs appareils mobiles donc plus pratiques de tout centraliser dans une seule appli.

On parle ici de pouvoir dialoguer directement d’où l’expression « agents conversationnels ». Résultat 401 309 likes à l’heure où j’écris, pour un service après lequel tout le monde râle, en termes de présence sur les réseaux, c’est plutôt quali twisted

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Et un bot qui permet la recherche/commande de tickets directement depuis Messenger ça paraît aussi logique, isn’t it ?

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🔗 Créer son bot

🔗 Premiers pas

Allez on se met en mode « Hello world » et on choppe le sample app by FB, la suite est décrite de manière très claire à cette URL.

Une manière plus fun d’apprendre sera peut-être de passer par l’API de slack qui a vraiment simplifié au maximum les étapes de création du bot, si vous êtes déjà logué(e) avec un compte et que vous avez les permissions nécessaires dans votre team rendez-vous directement ici :

🔗 Langages et ressources

Tout y passe, bien que dans la plupart des tutos on parle de nodejs, on retrouve aussi du Python, du .net, du ruby, du c# etc. Il existe pas mal de ressources déjà pour créer ses propres bots notamment :

🔗 Conclusion et avis perso

En termes de business pur, il y a là une vraie manne financière, AMHA les revenus du marché dépasseront tous les pronostics. Pour les développeurs c’est peut-être un nouvel eldorado, avec des possibilités d’interconnexions vraiment intéressantes entre les services et applis.

N’hésitez pas à créer vos premiers bots, la courbe d’apprentissage sera rapide je pense car les bots peuvent être assez funs.

À titre professionnel, j’encouragerais tout développeur à, au moins tester les bots, à titre personnel, je suis beaucoup plus réservé — le web predictif, les algoritmes de recommandations, à termes, c’est une nouvelle forme de contrôle très puissante parce qu’Internet te suit jusque dans ton lit, c’est pas la salle polyvalente pour le meeting politique de Jacques Beauregard… mais bon je n’ai pas voulu « polluer » l’article avec ces considérations éthiques.

Toujours est-il que réfléchir à ce que l’on fait, à quelle économie on souhaite/veut/va participer, n’est jamais inutile…

🔗 Webographie et liens annexes